Cérémonies de Montchal - 20 mars 2016

lundi 23 mai 2016
par  webmestre

COMMÉMORATION DES COMBATS DE MONTCHAL

Dimanche 20 mars 2016

Comme les années précédentes, nous étions nombreux, élus, familles, porte-drapeaux, enfants des écoles accompagnés de leur professeur et de leurs parents, habitants de MONTCHAL, et des communes avoisinantes, à nous retrouver autour du monument aux morts du Crêt. Monsieur Henri JOANNIN accompagné d’un ami, au volant d’un véhicule d’époque et revêtus d’une tenue telle que la portait nos maquisards, ont apporté une touche d’émotion à cette cérémonie.

Au Mémorial du Crêt

Simone OLESZCSAK, responsable de l’ordonnancement ouvrit la cérémonie.

Pendant que la Clique de SAINT-FORGEUX qui accompagne nos cérémonies depuis de nombreuses années, ouvrait le ban, Claude MATEO procéda à la montée du drapeau.

Si cette année, nous déplorions l’absence de la chorale Inter’val de TARARE, engagée par ailleurs ce même jour, nous avons eu cependant droit à une interprétation, empreinte d’émotion, du chant des partisans par les enfants de l’école de MONTCHAL sous la direction de leur instituteur Monsieur FORISSIER.

Une gerbe fut ensuite déposée au pied du monument aux morts par des élèves de CM1-CM2 de l’école de MONTCHAL ainsi que par Pierre CASOLI. Ce dépôt de gerbe fut suivi par l’appel aux morts annoncé par Monsieur Maurice PIERRE et par Claude MATEO, et ponctué par la sonnerie aux morts jouée par la clique de SAINT-FORGEUX.

Après la minute de silence, qui permit à chacun de se recueillir en pensant à ces combattants morts pour la France, Manon, Antoine et Samuel, élèves de l’école de MONTCHAL, nous récitèrent deux poèmes, choisis par leur instituteur Monsieur FORISSIER, un de Louis ARAGON et l’autre de Marianne COHN.

Après avoir excusés Messieurs Jean-Paul FRECON, sénateur de la Loire et Jean Pierre TAITE, conseiller régional, retenus par d’autres obligations, Simone OLESZCSAK annonça les différentes allocutions.

C’est ainsi que Monsieur Paul SALEN, député de la Loire, puis Madame Bénédicte CHOLET, secrétaire de l’ANACR, représentant Madame Evelyne PASCAL (vice-présidente de l’ANACR), prirent tour à tour la parole, pour rappeler ce que fut cette période de guerre, avec son cortège d’horreurs, de drames et afin que le sacrifice de ces jeunes hommes morts au combat pour défendre notre liberté ne soit pas vain, qu’il nous fallait, en ces temps difficiles, œuvrer plus que jamais pour la paix…

Michel CHAVANET, Président de l’Amicale des Maquis de l’AZERGUES, prit ensuite la parole pour remercier tous les intervenants, les porte-drapeaux, les élus, les enfants de l’école de MONTCHAL, ainsi que leur famille et leur instituteur, les présidents des associations d’anciens combattants, Monsieur DENIS, Maire de MONTCHAL toujours présent à nos côtés et qui s’investit avec nous lors de ces commémorations, et les familles de ces combattants qui se sont battus, et pour nombre d’entre eux, ont perdu la vie, en ce mois de mars 1944.

Le chant « La Marseillaise » reprise par les participants à cette cérémonie clôtura ce premier hommage.

Cérémonie au Magat

C’est encore nombreux que nous avons ensuite rejoint le MAGAT, lieu où se sont déroulés les sanglants combats du mois de mars 1944, et où a été érigée cette stèle, pour rendre un nouvel hommage à ces valeureux combattants.

La cérémonie débuta donc, en ces lieux empreints d’émotion, par l’ouverture du ban jouée par la clique de SAINT-FORGEUX. Après « le chant des Partisans », la gerbe a été déposée au pied de la stèle, par les enfants de l’école de MONTCHAL. Puis Monsieur Christian DENIS, maire de cette commune prit la parole pour rappeler que cette stèle a été érigée à l’initiative de Monsieur Robert STUMPP, ancien Maire de VIOLAY, afin que perdure toujours au sein de cette commune le souvenir de ce 19 mars 1944. Il souligna que les enfants de l’école sont très investis dans ce travail de mémoire et que les cendres de 2 de ces anciens combattants ont été d’ailleurs dispersées en ces lieux.

Monsieur Jean-Pierre REAT, prit ensuite la parole pour rappeler également l’engagement de Monsieur Robert STUMPP, qui nous a quitté à l’automne dernier, et pour rappeler combien cet ami des maquis a œuvré dans ce projet du Magat pour en faire un lieu de souvenirs, qu’il faut transmettre aux nouvelles générations l’Histoire de la Résistance et appeler à la vigilance en ces temps troubles.

Ces deux allocutions ont été suivies de la minute de silence, de la sonnerie aux morts puis du chant « la Marseillaise ».

Ceux qui le désiraient sont ensuite conviés à aller se recueillir au cimetière sur la tombe de FRANTZ.

Cérémonie au cimetière

C’est accompagné d’un grand nombre de personnes, que la cérémonie débuta sur la tombe de FRANTZ, entourée par les porte-drapeaux. Après le chant des Partisans, le dépôt de gerbe effectué par les enfants des écoles, la minute de silence est demandée en mémoire de FRANTZ. En souvenir de ces hommes et du sacrifice qu’ils ont fait pour notre liberté, la Marseillaise, résonnera, en cette matinée pour la troisième fois.

Après les remerciements de Monsieur DENIS aux personnes qui ont participé à ces cérémonies, nous nous retrouverons autour d’un vin d’honneur.

Au volant d’un véhicule d’époque, Monsieur Henri JOANNIN accompagné d’un ami, tous les deux habillés d’une tenue telle que la portait nos maquisards, ont également contribué à apporter une touche d’émotion à cette cérémonie.

Discours de Mr SALEN, député de la Loire

Nous sommes réunis ce matin au pied d’un monument dédié à la mémoire des combats qui se sont déroulés le 19 mars 1944 sur cette commune de Montchal.
Si cette cérémonie est l’affaire d’anciens combattants, elle doit être l’affaire de tous les citoyens de notre pays et, pour nous, l’affaire de tous les Montchaliens et Montchaliennes.
Nous ne devons jamais manquer une occasion de rappeler le devoir de mémoire qui nous incombe.
Ce mémorial nous rappelle que 9 personnes ont donné leur vie pour que la France ne sombre pas et qu’elle continue à défendre son honneur et ses valeurs.
Ce mémorial nous rappelle à quel point leur engagement et leur sacrifice pour la défense de notre patrie a été immense.
A ces personnes, comme celles qui ont pu en réchapper, nous devons leur témoigner notre plus grande reconnaissance et notre profond respect.

Le Maréchal Foch avait pour habitude de dire que « si un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ».

Les événements actuels nous rappellent que la Paix n’est pas un privilège définitivement acquis.
La Paix est un combat du quotidien que nous avons le devoir de transmettre aux générations suivantes et de prôner là où elle n’existe pas encore.
La France n’a existé que parce que des hommes ont accepté de se sacrifier à sa cause et parce que cette cause les a unis jusqu’à l’ultime sacrifice.
On ne construit pas la Paix en renonçant à se défendre. On construit la Paix sur le courage, la fidélité et le sens de l’honneur. On construit la Paix sur la certitude que l’honneur et la dignité d’un peuple ne se marchandent pas.
Où seraient l’honneur et la dignité d’un peuple qui n’honorerait pas la mémoire de ceux qui ont aimé si sincèrement, et si profondément, leur pays qu’ils ont risqué leur vie pour lui.

Aujourd’hui nous nous inscrivons totalement dans cette volonté de ne laisser personne dans l’indifférence et de donner à chaque combattant sa part de reconnaissance de la nation.
Commémorer le 19 mars 1944 est une promesse.
La promesse que la France unie, rassemblée, dépassant ses divisions et transcendant ses clivages, est capable de se relever et d’écrire les pages de son destin.
Faisons nôtre cette promesse et poursuivons cette œuvre inachevée.
Ne l’oublions jamais.
Je vous remercie.

Intervention de Mme Évelyne PASCAL, lue par Mme Bénédicte CHOLLET

Madame Odile Chadebech,
Monsieur le Président Chavanet,
Mr le député,
Mme et Mmes les Présidents et représentants des Associations d’Anciens combattants de la Résistance,
Mme et Mr les Porte-drapeaux,
Mme et Mrs les professeurs des écoles et chers enfants,
Mesdames, Messieurs,

C’était aussi un dimanche ce 19 mars 1944, un dimanche de pluie, de froid, de neige.
C’est Marcel Chadebech (Commandant Carron) qui est responsable du camp Desthieux, Roger Chavanet ( Commandant Guérin) et Louis Farjas (Duclos) étant à Lyon ce jour-là, quand, suite à une dénonciation d’un chef de brigade de gendarmerie, plusieurs centaines de gendarmes, GMR et gardes mobiles puissamment armés, attaquent le camp stationné dans trois fermes proches les unes des autres, le Préfet de la Loire, André Boutemy contrôle et dirige les opérations. Ce personnage, qu’on retrouvera ministre sous la 4e République puis sénateur de Seine-et-Marne.

Il faut dire qu’ils sont bien gênants ces F.T.P. ! À leur actif, de très nombreuses actions et sabotages, un de leurs objectifs étant de neutraliser les voies ferrées Lyon - Paray le Monial et Lyon - Roanne qui sont d’importances stratégiques pour l’occupant car elles permettent aux Allemands de recevoir marchandises, matériel et armement. Et, 2 jours avant ils ont attaqué et saboté la mine de St Pierre la Palud. Oui, ils sont gênants ces maquisards.

Ce maquis, le Camp Desthieux, créé le 12 octobre 1943 par Roger Chavanet, qui le dirigera jusqu’à sa blessure à la suite d’un tir allemand, le 22 avril 1944, a existé jusqu’à septembre 1944. Il fut nommé ainsi par les maquisards en hommage à leur camarade André Desthieux, résistant FTP, arrêté avec ses camarades en février 43 et livré par la justice française à un tribunal militaire allemand qui les condamne à mort. Ils ont été fusillés à Dijon le 27 mai 1943.

D’abord stationné à Chamelet à la ferme du Guéry, il doit très souvent déménager, pour échapper aux attaques, et il faut rendre hommage à la population élus, agriculteurs, commerçants, médecins, pour leur soutien si précieux, ces hommes, ces femmes, sans qui ce maquis n’aurait pas pu vivre, qui les aidaient et qui exposaient ainsi leur vie et celle de leur famille.

Ce 19 mars, ils sont là, à Montchal. L’attaque est terrible, les hommes tentent de se replier et d’échapper aux obus, aux tirs de mortier qui pleuvent, ils progressent dans la boue, il leur en faut du courage mais ils ne renoncent pas, ils ne renonceront pas, les 26 survivants se réorganiseront et continueront leur combat jusqu’à la libération de la vallée qui sera complète à la fin juin 1944.

Après 6 heures d’un combat inégal, il reste sur cette terre, 5 tués, un blessé grave et 4 prisonniers qui seront fusillés , et leur nom raisonne encore aujourd’hui et figure sur cette plaque : Roger Lacour 21 ans, tué, JEAN Grossiord 21 ans, tué, Maurice Mérigneux amputé, Jean Bertrand 31 ans, tué, José Matéo 23 ans, fusillé, Guy Mulard 22 ans, fusillé , Joseph Volay 31 ans, fusillé, Michel Guillermin 18 ans, fusillé , Edgard Bedikian, 21 ans, tué, et Frantz le héros inconnu, tué.

Comment ne pas saluer le courage, l’abnégation de ces jeunes hommes ? Fallait-il que leur idéal soit fort pour accepter ainsi de mourir dans la fleur de l’âge. Ils refusaient le fascisme, ils se battaient pour libérer la France de l’occupation nazie et du régime de collaboration à sa solde, et en ces lieux mêmes ce sont bien les forces répressives du régime de Vichy qui intervinrent. _ Ils refusaient de partir en Allemagne avec le Service du Travail Obligatoire décidé par Pétain. Ils avaient choisi l’action armée, et se battaient dans des conditions difficiles, le manque d’armes surtout, mais ils étaient résolus.
Aujourd’hui, comme toutes ces années passées, nous leur rendons hommage, et je suis très émue d’être votre porte-parole, mais le temps qui passe inexorablement, emporte peu à peu les témoins de cette aventure héroïque, alors, n’oublions pas tous leurs camarades qui les ont maintenant rejoints, ils n’en sont pas sortis indemnes mais grandis.
Rendre hommage à ces héros, c’est aussi transmettre la mémoire, surtout aux enfants, aux jeunes qui sont l’avenir. C’est ce que l’ANACR tente de faire. Il faut garder l’espoir dans notre jeunesse car tous ceux-là ont prouvé que, comme l’a dit Maurice Moissonier, historien du mouvement social : « ce que l’on croit impossible est possible, ».
Il y a 4 ans, ici même le président Roger Gay évoquait le CNR et son programme élaboré par d’autres Résistants, ce programme qui portait bien son nom : « les jours heureux » par les avancées sociales qu’il impliquait, et la nécessité d’instaurer une journée nationale de la Résistance, c’est fait aujourd’hui mais nous vivons une époque troublée et devons rester vigilants, car non la bête immonde n’est pas morte, elle relève la tête. Alors, nous devons nous saisir de cette journée de la Résistance pour intervenir d’une façon régulière dans les écoles pour que nos enfants, connaissant ce passé et devenus adultes militent pour la Paix et contre le racisme et la xénophobie, et, ne connaissent « plus jamais ça ».
Bien des héros se sont succédé au cours des années passées pour ce devoir de mémoire et je salue ici Louis Rossi qui eut l’honneur de dévoiler cette plaque.
Je termine par cette phrase que nous devons à René Chevailler, fil du Résistant Jean Chevailler, fusillé lui aussi à la Duchère :
« Ces Résistants, par l’écrit clandestin, affirmaient contre la haine une supériorité morale sur l’ennemi nazi et miliciens, pourtant en apparence triomphant. »
Au nom de l’ANACR, de son bureau, je veux saluer tous ceux qui nous ont quittés cette année et présenter nos plus sincères condoléances à Monsieur le Président Chavanet pour le deuil qui l’a frappé en la personne de sa maman.

Intervention de Mr REAT au MAGAT

Mmes et Mrs, chers amis
Votre présence en ces lieux de combats et de sang versé, témoigne de votre volonté de conserver vivante la mémoire de ceux qui, ici, au Magat, sont tombés il y a 72 ans pour notre liberté et pour que plus jamais la « bête immonde » ne revienne !
Soyez en remerciés.
Au nom de l’amicale et en votre nom je tiens à saluer avec émotion la mémoire de Mr Robert STUMP, infatigable animateur des cérémonies de Montchal et initiateur de ce lieu de mémoire, un personnage haut en couleur comme en taille, il aura marqué de son empreinte les Montagnes du matin. En cet automne 2015 l’amicale des maquis d’Azergues a perdu un ami fidèle et dévoué.
Nos pensées vont également vers Mme Marguerite Chavanet, veuve de Roger Chavanet, créateur du maquis Desthieux à l’automne 1943.
Notre amitié et toute notre sympathie à Michel, son fils, président de notre amicale ainsi qu’à sa famille.
Dans cette période, on assiste, dans de nombreux pays d’Europe, à la remontée des idées nationalistes et xénophobes, comme en témoignent les récentes élections outre Rhin.
Plus que jamais il est nécessaire de transmettre l’histoire de la Résistance afin mettre en garde nos contemporains contre les dangers de cette peste brune !...
« Ami ... entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines » ?
En mémoire des noms gravés dans le marbre du Magat … afin que leur sacrifice n’ait pas été vain soyez et soyons vigilants !
Merci de votre attention.

Poèmes

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JE TRAHIRAI DEMAIN, Marianne COHN
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STROPHES POUR SE SOUVENIR, ARAGON
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