Cérémonies de Montchal - 22 mars 2014

vendredi 9 mai 2014
par  webmestre

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Ce samedi 22 mars en présence de nombreuses personnalités, d’une foule importante, de très nombreux porte-drapeaux, l’Amicale des Anciens des Maquis de l’Azergues a commémoré le 70e anniversaire des combats du Magat.

AU CRÊT

Après les sonneries traditionnelles par la clique de St Forgeux, l’interprétation du Chant des Partisans par les enfants de l’école et la chorale de Panissière au début de la cérémonie a beaucoup ému l’assistance. Puis, la chorale, dirigée par son chef de chœur Mme Céline Ernesse, a interprété un chant de Léo Ferré « Regardez les Défiler ».
Anaïs, Fanchon et Antonin ont récité le poème de Robert Desnos : « Ce cœur qui haïssait la guerre ».
L’implication à cette cérémonie de ces nouvelles générations (afin que nul n’oublie) a été perçue avec beaucoup d’émotion par l’ensemble des participants.
Monsieur Henri Nigay, Conseiller Général du secteur a remis une médaille du Conseil Général de la Loire pour célébrer ce 70e anniversaire aux trois derniers Résistants, combattants au Magat le 19 mars 1944, présents parmi nous : Hubert Reverchon, Louis Rossi, André Barbier (ce dernier étant fatigué s’était fait représenter).
L’appel aux morts a été fait par Messieurs Claude Matéo et Maurice Pierre, le dépôt de gerbe par Mme Chadebech, Mrs. L. Rossi et J.P. Réat.
Après la minute de silence, la parole a été donnée à Monsieur Guy Fischer, Sénateur du Rhône (voir son discours) puis à Monsieur Paul Bouchet, Conseiller d’Etat Honoraire, ancien Bâtonnier du Barreau de Lyon, Président d’Honneur de Quart Monde. Il s’est adressé plus particulièrement aux enfants présents, citant deux phrases enseignées par son professeur d’histoire et qui l’ont motivé pour être Résistant « NE VOUS SOUMETTEZ JAMAIS » « NE DESESPEREZ JAMAIS ».
Le Président de l’Amicale Michel Chavanet a présenté les excuses des personnalités qui n’ont pu être présentes à cette cérémonie. Il a rappelé les évènements du 19 mars 1944 d’où l’importante cérémonie de ce jour qui en a commémoré le 70e anniversaire puis, a adressé ses remerciements aux personnalités présentes, aux Présidents et représentants de diverses associations, aux nombreux porte-drapeaux, à la chorale, aux enfants de l’école, à leur instituteur et leurs parents, à toute l’assistance sans oublier la municipalité de Montchal et Mme le Maire de Violay.
Une vibrante Marseillaise interprétée par la chorale et les enfants a clôturé la cérémonie du Crêt.

AU MAGAT

Ce sont quelques gouttes de pluie (comme des larmes) qui nous ont accueilli sur les lieux même des combats. Mais bien vite le temps est redevenu clément.
Après le chant des Partisans le Président de l’amicale a demandé aux enfants de déposer la gerbe puis a demandé de procéder à une minute de silence. La parole a été donnée à M. J.P. Réat, fils de Résistants (voir son discours). M. Christian Denis, Maire de Montchal, a ensuite retracé l’historique de ce monument sis à l’emplacement même d’une masure qui abritait le poste de commandement du camp Desthieux. Il a rappelé que la municipalité et la population de Montchal restent fidèles à la mémoire de ces hommes qui ont donné leur vie pour notre Liberté, pour la France.

Le Président de l’Amicale a adressé ses remerciements à tous les présents.

AU CIMETIERE

La dernière étape de cette célébration du 70e anniversaire des combats du Magat a eu lieu au cimetière pour se recueillir devant la tombe de Frantz ce héros inconnu. La gerbe a été déposée avec les enfants puis Michel Chavanet a demandé une minute de silence.

Pour clôturer ces cérémonies commémoratives, tout le monde s’est retrouvé autour d’un vin d’honneur offert par la municipalité de Montchal.

Cette journée se terminera par un repas servi par « Le Relais du Pitou ». 80 personnes ont apprécié le menu. Pour marquer ce 70e anniversaire, l’Amicale des Anciens Combattants des Maquis d’Azergues a remis à M. Christian Denis (très ému) un tableau de l’Abbé Poyet, curé de Montchal à cette époque. Ce tableau a été peint par Mme Claire Réat.
Le petit fils de Mme Jeanne Roche a agrémenté le repas au son de son orgue de barbarie.

Complément d’informations sur le 70e anniversaire :
Nous remercions particulièrement M. J. Forissier qui, avec ses élèves se sont rendus sur la stèle du Magat le 18 mars pour écouter attentivement les témoignages de Mme J. Roche, Mrs. R. Bourrat et R. Stumpp.
Nous remercions également le Comité Directeur de l’ANACR du Rhône, ainsi que la forte délégation du Comité de Décines (commune d’origine de L. Bertrand).

Le Président de l’Amicale Michel Chavanet pour célébrer ce 70e anniversaire a fait éditer une magnifique médaille commémorative remise à chaque adhérent(e) de l’Amicale.

Journal Le Progrès - Vendredi 21 mars 2014
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Journal Le Progrès - La Tribune du lundi 24 mars 2014
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Journal Le Progrès - La Tribune du mardi 25 mars 2014
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Journal Le Pays - Jeudi 27 mars 2014
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Discours de Monsieur Guy Fischer, Sénateur du Rhône
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Discours de M. J.P. Réat, fils de Résistants
Mmes & Mrs

C’est avec une très grande émotion que nous commémorons ce jour le 70e anniversaire des combats du Magat et la mémoire de ses martyrs.

Je ne retracerais pas les combats qui se sont déroulés, 2 ouvrages en témoignent, et les survivants de cette journée du 19 mars 1944 le feront mieux que je ne pourrais le faire.

Peut-on imaginer, dans ce vallon calme et verdoyant que, 70 ans plus tôt, par un froid glacial et dans la neige malgré le soleil printanier qui se levait, des combats terribles se sont déroulés.
300 GMR (Groupe Mobile de Réserve) et gendarmes français, serviteurs du gouvernement de Vichy, ont, sur ordre du Préfet BOUTEMY encerclé et donné l’assaut contre le camp DESTHIEUX qui comptait une trentaine de maquisards. _ Les pertes humaines furent très lourdes, tant les forces étaient inégales.

Pour honorer la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour notre Liberté, nous nous recueillons devant ce monument érigé sur le lieu de ces combats, sur cette terre imprégnée à jamais du sang de ces héros :
Jean BERTRAND, Roger LACOUR, Edgar BEDIKIAN, Jean GROSSIORD, Frantz

De ceux qui ont été faits prisonniers et seront fusillés peu de temps après au fort de la Duchère à Lyon
José MATEO, Henri VOLAY, Guy MULARD, Michel GUILLERMIN
Sans oublier
Maurice MERIGNEUX, rescapé de cette tuerie, qui fut amputé d’une jambe.

Nous aurons également une pensée pour tous leurs compagnons tombés lors de mission, et ceux qui, bien plus tard ont désiré rejoindre dans cette terre leurs camarades de combat.

Il faut souligner le courage des habitants de Montchal qui ont aidé les partisans au péril de leur vie, Je ne peux tous les citer de peur d’en oublier. En m’excusant de cela, je citerais cependant : les Docteurs FRANCOZ de Saint Just d’Avray et HERAUD de Panissière, ainsi que l’abbé POYET ils ont toujours apporté leur soutien aux partisans du camp DESTHIEUX.
Roger CHAVANET (Commandant GUERIN) dans son livre « Histoire vécue des maquis d’Azergues » relate ainsi les évènements qui ont suivi les combats du Magat.

Je cite : « …il restait donc sur le terrain les corps de nos cinq camarades qui furent transportés au village de Montchal où ils restèrent toute la nuit. Le Maire, Monsieur MONTMAIN, reçu l’ordre de faire procéder l’inhumation. Les autorités policières précisaient : « Ni cercueils, ni croix, ce sont des insoumis ». Le Maire et l’abbé POYET protestèrent arguant du fait que l’on se trouvait en pays civilisé. Ils finirent par avoir gain de cause et en ce premier matin de printemps, le mardi 21 mars, 5 cercueils étaient descendus dans la fosse creusée au cimetière. Le sous-Préfet, le Commissaire de police étaient là pour veiller « au maintien de l’ordre ». Bravant l’interdiction, des habitants du pays étaient présents, certains furent l’objet d’une enquête et durent même subir une perquisition.
L’abbé POYET qui n’avait pu faire passer les corps par l’Eglise était venu pour les bénir. Et dès le départ des autorités une palme et des fleurs étaient déposées sur la tombe commune… ».

A ce jour, seul le corps de Frantz repose encore dans un caveau, au cimetière de Montchal. Ce caveau représente tout un symbole pour la commune de Montchal, au nom de l’amicale, nous remercions chaleureusement la municipalité qui en assure l’entretient.

Depuis de nombreuses années les associations d’anciens résistants demandent la reconnaissance du 27 Mai comme journée de la Résistance.
Pourquoi le 27 Mai ? Ce fut le jour en 1943 où, sous l’autorité de Jean Moulin, le CNR (Conseil National de la Résistance) fut constitué.
Nous nous félicitons de l’instauration officielle de la journée nationale de la Résistance par la loi du 19 juillet 2013, publiée au J.O. (Journal Officiel) du 20 Juillet 2013.

Plus que jamais il est nécessaire de perpétuer et de transmettre la mémoire de cette période. L’inquiétude exprimée par les anciens résistants et déportés face à la montée des idées nationalistes et xénophobes aux relents racistes et antisémites démontre, aujourd’hui encore, la nécessité impérieuse du devoir de Mémoire et de la plus grande vigilance face au retour de « la bête immonde ».

Pour terminer, je voudrais, au nom de l’Amicale, remercier la municipalité de Montchal pour son engagement fidèle et sa contribution sans faille à cette journée du souvenir.


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